Petites coupures à Shioguni

Florent Chavouet

Picquier, 21,50 €

Il y a des BDs qui passent inaperçues à leur sortie. Petites coupures à Shioguni a failli en faire partie. Sorti juste avant le salon de la littérature jeunesse de Montreuil, j'étais à peine revenu, la cadence de noël se lançait mais ce livre avait quelques atouts dans la manche avant de sombrer dans l'anonymat. Je connaissais déjà les livres précédents de Florent Chavouet et ses carnets de voyage ne me laissaient pas indifférents et, bien au-delà, faisaient partie de la bibliothèque idéale de Quai des Brumes, que ce soit pour ses dessins remarquables, ce regard sur le Japon et l'humour qu'il y distille.

Tout ceci est une fable, la vraie histoire, le véridique atout dans la manche, c'est qu'en ouvrant la BD, j'ai (insérez des mots grossiers que Sébastien censurera) eu les yeux explosé face à son coup de crayon. Une véritable orgie visuelle, une bacchanale optique qui se joue du gaufrier, une débauche multicolore bref, c'était juste "Whoaw !".

Puis vient la lecture, j'étais au cinéma attendant ma séance avec une grosse demi-heure d'avance, j'ai oublié le titre du film en question, disons que ça n'a pas d'importance. Mes yeux s'accoutument comme ils peuvent à la vision fabuleuse qui s'offre à moi et je commence ma lecture. Un témoin raconte, un cuisinier se fait racketter par des yakusas. Nouveau témoin, l'histoire continue, nouveau témoin, tac tac tac. Je ferme le livre. Insérez à nouveau des jurons que Sébastien censurera. Je la relis aussi sec.

Depuis, Noël est passé, je martèle à chacun, habitué, amateur ou anonyme qui passe dans la librairie d'au moins regarder ce chef d’œuvre dont l'auteur sera en dédicace le Samedi 28 Mars.

On se donne rendez-vous ?